Religion 08.03.2014

Spécial Journée de la femme : pour le pape François, la femme est au cœur du Salut

Quel rôle pour la femme dans l’Eglise et dans la société ? Voilà ce qu’en disait le cardinal Jorge Bergoglio...

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08.03.2014
© GABRIEL BOUYS / AFP

Que pense le pape François du rôle de la femme dans l’Eglise et dans la société ? 

Le futur pape François a abordé cette question dans sa conversation avec le rabbin Abraham Skorka, recteur du Séminaire rabbinique latino-américain, rapportée dans le livre « Sur le ciel et la terre », publié en 2012 par la maison d’édition Sudamericana. (extrait du chapitre consacré à la femme).



J.M BERGOGLIO : Dans le catholicisme, par exemple, beaucoup de femmes dirigent une liturgie de la Parole, mais elles ne peuvent pas exercer le sacerdoce car dans le christianisme c’est Jésus, un homme, qui est le Grand prêtre. Et selon la tradition théologique, tout ce qui est sacerdotal doit passer par l’homme. La femme a une autre fonction dans le christianisme, dont Marthe est le reflet. Elle est celle qui accueille la société, celle qui  porte, la mère de la communauté. La femme a le don de la maternité, de la tendresse ; si toutes ces richesses ne s’intègrent pas, la communauté religieuse se transforme en une société non seulement machiste, mais également austère, dure et mal sacralisée.

Le fait que la femme ne puisse pas exercer le sacerdoce, ne veut pas dire qu’elle vaut moins que l’homme. Dans notre conception, en réalité, la Vierge Marie est supérieure aux apôtres. Selon un moine du IIème siècle, parmi les chrétiens il ya trois dimensions de la femme: Marie, comme mère du Seigneur, l’Eglise et l’âme. La présence féminine dans l’Eglise n’a pas beaucoup été soulignée car la tentation du machisme n’a pas permis de donner de la visibilité au rôle qui revient aux femmes de la communauté.



A. SKORKA : Le christianisme assume la fonction sacerdotale de la Bible juive. Le sacerdoce passe de manière patriarcale, la condition juive des personnes passe par la voie matriarcale : si la mère est juive, son enfant est juif. Dans notre credo aussi le sacerdoce était exercé par l’homme, mais aujourd’hui nous avons des maîtres (le mot « rabbin » signifie maître). Une femme qui connaît la Torah, peut donc enseigner et répondre à des questions sur comment on doit prier sur la base de la loi juive.



J.M BERGOGLIO : Quand nous parlons de l’Eglise, nous catholiques, nous utilisons le féminin. Le Christ épouse l’Eglise, une femme. L’endroit qui reçoit le plus d’attaques, qui est le plus visé, est toujours le plus important. L’ennemi de la nature humaine – Satan – opère  surtout là où se joue le salut, au lieu même de la transmission de la vie, et la femme – comme lieu existentiel – s’est avéré être, à travers l’histoire,  la cible privilégiée. Elle a été victime de manipulations, d’abus, d’esclavage, a été reléguée au second plan, mais dans les Ecritures il y a des cas de femmes héroïques qui nous transmettent ce que Dieu pense d’elles, comme Ruth, Judith...

Ce que je voudrais ajouter, c’est que le féminisme, comme philosophie unique, ne rend pas service à celles qu’il dit représenter, parce qu’il place les femmes sur un plan de lutte revendicatrice alors que la  femme est beaucoup plus que cela. La campagne des féministes des années vingt a obtenu ce qu’elles voulaient et ça s’est arrêté là ; mais une philosophie féministe constante ne donne pas non plus à la femme la dignité qu’elle mérite. De manière caricaturale, je dirais que cette philosophie court le risque de se transformer en un machisme en jupons.

(Traduction Isabelle Cousturié)

 

Que pense le pape François du rôle de la femme dans l’Eglise et dans la société ? 

Le futur pape François a abordé cette question dans sa conversation avec le rabbin Abraham Skorka, recteur du Séminaire rabbinique latino-américain, rapportée dans le livre « Sur le ciel et la terre », publié en 2012 par la maison d’édition Sudamericana. (extrait du chapitre consacré à la femme).



J.M BERGOGLIO : Dans le catholicisme, par exemple, beaucoup de femmes dirigent une liturgie de la Parole, mais elles ne peuvent pas exercer le sacerdoce car dans le christianisme c’est Jésus, un homme, qui est le Grand prêtre. Et selon la tradition théologique, tout ce qui est sacerdotal doit passer par l’homme. La femme a une autre fonction dans le christianisme, dont Marthe est le reflet. Elle est celle qui accueille la société, celle qui  porte, la mère de la communauté. La femme a le don de la maternité, de la tendresse ; si toutes ces richesses ne s’intègrent pas, la communauté religieuse se transforme en une société non seulement machiste, mais également austère, dure et mal sacralisée.

Le fait que la femme ne puisse pas exercer le sacerdoce, ne veut pas dire qu’elle vaut moins que l’homme. Dans notre conception, en réalité, la Vierge Marie est supérieure aux apôtres. Selon un moine du IIème siècle, parmi les chrétiens il ya trois dimensions de la femme: Marie, comme mère du Seigneur, l’Eglise et l’âme. La présence féminine dans l’Eglise n’a pas beaucoup été soulignée car la tentation du machisme n’a pas permis de donner de la visibilité au rôle qui revient aux femmes de la communauté.



A. SKORKA : Le christianisme assume la fonction sacerdotale de la Bible juive. Le sacerdoce passe de manière patriarcale, la condition juive des personnes passe par la voie matriarcale : si la mère est juive, son enfant est juif. Dans notre credo aussi le sacerdoce était exercé par l’homme, mais aujourd’hui nous avons des maîtres (le mot « rabbin » signifie maître). Une femme qui connaît la Torah, peut donc enseigner et répondre à des questions sur comment on doit prier sur la base de la loi juive.



J.M BERGOGLIO : Quand nous parlons de l’Eglise, nous catholiques, nous utilisons le féminin. Le Christ épouse l’Eglise, une femme. L’endroit qui reçoit le plus d’attaques, qui est le plus visé, est toujours le plus important. L’ennemi de la nature humaine – Satan – opère  surtout là où se joue le salut, au lieu même de la transmission de la vie, et la femme – comme lieu existentiel – s’est avéré être, à travers l’histoire,  la cible privilégiée. Elle a été victime de manipulations, d’abus, d’esclavage, a été reléguée au second plan, mais dans les Ecritures il y a des cas de femmes héroïques qui nous transmettent ce que Dieu pense d’elles, comme Ruth, Judith...

Ce que je voudrais ajouter, c’est que le féminisme, comme philosophie unique, ne rend pas service à celles qu’il dit représenter, parce qu’il place les femmes sur un plan de lutte revendicatrice alors que la  femme est beaucoup plus que cela. La campagne des féministes des années vingt a obtenu ce qu’elles voulaient et ça s’est arrêté là ; mais une philosophie féministe constante ne donne pas non plus à la femme la dignité qu’elle mérite. De manière caricaturale, je dirais que cette philosophie court le risque de se transformer en un machisme en jupons.

(Traduction Isabelle Cousturié)

 
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